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Les version oubliĂ©es du protocole IP 🔎

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On connait tous IPv4 et IPv6 qui sont deux protocoles largement rĂ©pandus (bien qu’un des deux ne le soit pas assez ^^), mais on pourrait lĂ©gitimement se demander s’il existe d’autres version du Protocole Internet, nous ferrons donc dans cet article un petit tour d’horizon des diffĂ©rentes itĂ©rations du protocole IP et de leurs spĂ©cificitĂ©s.

IPv1 2 et 3 − La genùse du protocole Internet

Le premier document dĂ©crivant le fonctionnement d’IP est la RFC 675 publiĂ©e en 1974 mais prĂ©sentĂ©e dĂšs 1973 Ă  l’International Network Working Group. Si vous parcourez cette RFC vous remarquerez qu’elle ne fait pas mention du protocole IP, mais de TCP, en effet Ă  l’époque, TCP et IP n’étaient pas sĂ©parĂ©s et le principe de couches apportĂ© notamment par le modĂšle TCP/IP, sortit en 1976, n’était pas encore d’actualitĂ©. Parler d’IPv1 est donc un abus de langage, le terme adaptĂ© serait plutĂŽt TCP version 1.

Ce protocole avait une particularitĂ© intĂ©ressante, il contenait quatre champs adresse dans son header, contre deux pour IPv6. Un pour le rĂ©seau de destination (et d’origine), rappelez vous, nous sommes en 1974 et Ă  cette Ă©poque le rĂ©seau Internet comme nous le connaissons aujourd’hui n’existe pas, il existe donc diffĂ©rents rĂ©seaux concurrent, ce champ dans l’en-tĂȘte a pour but de spĂ©cifier sur quel rĂ©seau le paquet doit transiter. Ainsi, vous pouvez voir ci-dessous les diffĂ©rentes valeurs possibles pour ce champ et donc les principaux rĂ©seaux qui cohabitent Ă  cette Ă©poque.

1010 = ARPANET
1011 = UCL
1100 = CYCLADES
1101 = NPL
1110 = CADC
1111 = EPSS

Les troisiĂšme et quatriĂšme champs sont destinĂ©s Ă  accueillir les adresses TCP d’origine et de destination, ces adresses ne sont pas trĂšs dĂ©taillĂ©es dans la RFC, mais on sait qu’elles sont d’une longueur de 16 bits (65 536 adresses diffĂ©rentes), elles correspondent peu ou prou Ă  ce qu’on appelle aujourd’hui “adresses IP”.

Cette premiĂšre version de TCP est vraiment expĂ©rimentale, elle n’a pas Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©e Ă  grande Ă©chelle comme l’ont Ă©tĂ© IPv4 et IPv6

Vient ensuite en 1977 la deuxiĂšme version de TCP (et donc par extension du protocole internet), cette version, publiĂ©e dans l’ IEN 5 , apporte certaines amĂ©liorations dont notamment le passage Ă  un “Network Identifier”, ce qui Ă©tait auparavant appelĂ© rĂ©seau de destination/origine, codĂ© sur 8 bits.

Liste des différents network

Autre diffĂ©rence, les “host identifier”, anciennement appelĂ©s adresses TCP , sont maintenant codĂ©s sur 24 bits, soit un total de 16 777 216 adresses. On peut aussi voir le dĂ©but de la sĂ©paration entre TCP et IP dans ce schĂ©ma d’époque avec les parties “TCP Header” et “Internet Header”.

Header TCP oĂč l'on voit deux parties, une appelĂ©e "TCP Header" et l'autre "IP Header"

SĂ©paration qui sera actĂ©e dans la version 3 de TCP, publiĂ©e en 1978, ce qui reprĂ©sente une avancĂ©e majeure dans l’évolution du protocole internet.

IPv5

IPv5 n’a pas rĂ©ellement existĂ©, il s’agit en fait du Stream Protocol , abrĂ©gĂ© ST-II, un protocole de couche 3 (comme IP), crĂ©Ă© pour faciliter l’envoi de vidĂ©o et d’audio par internet et qui avait dans le champ version la valeur 5. C’était donc une version modifiĂ©e d’IPv4 mais qui avait des adresses codĂ©es sur 32 bits, comme pour IPv4, qui ne rĂ©pondait donc pas Ă  la problĂ©matique principale posĂ©e par IPv4, le manque d’adresses. Ce protocole marque le dĂ©but de VoIP (Voice over IP) mais il ne sera pas dĂ©ployĂ© Ă  grande Ă©chelle, VoIP sera ensuite simplement dĂ©ployĂ© sur IPv4.

IPv7, 8 et 9 − Le futur ? Ou pas


IPv7 est un protocole appelĂ© TP/IX sortit en 1993, les adresses IP sont codĂ©es sur 64 bits (contre 128 avec IPv6), on ne dĂ©taillera pas plus ce protocole mais si vous souhaitez en savoir plus je vous invite Ă  lire la RFC d’IPv7 qui est trĂšs comprĂ©hensible.

IPv8 (mon petit prĂ©fĂ©rĂ© ^^) appelĂ© PIP et sortit en 1994 son fonctionnement repose en partie sur le systĂšme de DNS , chaque utilisateur du rĂ©seau a un PIP ID , un identifiant unique codĂ© sur 64 bits, ainsi, peu importe d’oĂč il se connecte sur le rĂ©seau, il est possible de l’identifier rien qu’avec son ID. PIP a donc Ă©tĂ© avant tout pensĂ© pour faciliter les Ă©changes entre appareils changeant d’adresse IP. On pourrait par exemple imaginer une connexion SSH utilisant uniquement le PIP ID pour s’authentifier et qui, mĂȘme si un des deux composants de la connexion (le client ou le serveur) change d’adresse IP reste stable. Je parlais plus tĂŽt du DNS, en effet, avec PIP le DNS est modifiĂ© pour renvoyer Ă  la fois l(es) adresse(s) IP mais aussi le PIP ID . Ce systĂšme a nĂ©anmoins un problĂšme majeur, le PIP ID permettrait de pister trĂšs facilement les utilisateurs.

IPv9 enfin est un protocole trĂšs peu dĂ©taillĂ©, il avait Ă©tĂ© annoncĂ© en grande pompe par le gouvernement chinois, celui-ci se targuant du fait que cette version d’IP ait Ă©tĂ© adoptĂ©e dans les secteurs militaires et civils, mais depuis cet effet d’annonce aucune spĂ©cification technique n’a Ă©tĂ© publiĂ©e, seulement des bruits de couloir comme quoi les adresses seraient codĂ©es sur 256 bits et composĂ©es uniquement de caractĂšres numĂ©riques (et non pas hexadĂ©cimaux comme c’est le cas d’IPv6).

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